Action Carmat en 2026 : Liquidation et Retrait de la Cote
L’action Carmat (mnémonique ALCAR, Euronext Paris) s’est éteinte comme elle avait vécu : dans l’enthousiasme d’une promesse médicale hors norme, puis dans l’épuisement financier. Le 6 janvier 2026, la société a annoncé sa liquidation judiciaire et son retrait de la cote — l’épilogue d’un redressement ouvert à l’automne 2025. Au 23 octobre 2026, le titre cote symboliquement autour de 0,10 euro.
Cette fiche n’est pas un guide d’achat : il n’y a plus rien à acheter. C’est une autopsie utile — pourquoi un des projets médicaux français les plus admirés, le coeur artificiel, a fini en liquidation, ce que deviennent les actionnaires, et ce que l’histoire de l’action Carmat enseigne à quiconque s’intéresse aux paris biotechnologiques cotés.
Cours de l’Action Carmat : les Dernières Cotations
Les chiffres de cotation résument seuls la catastrophe. Au 23 octobre 2026, le titre s’échange autour de 0,10 euro, variation nulle sur la séance — celle d’une valeur qui ne fait plus vraiment de prix. Sur les fenêtres longues, tout est rouge : −39,26 % sur un mois, −88,59 % sur six mois, −94,09 % sur un an.
Les fenêtres très longues sont vertigineuses : −99,05 % sur trois ans, −99,39 % sur cinq ans. Autrement dit, quelle que soit la date d’entrée — débutiste enthousiaste de 2021 ou optimiste de 2023 —, la quasi-totalité du capital investi dans l’action Carmat a disparu. C’est la signature boursière d’une liquidation.
ISIN de la valeur : FR0010907956, mnémonique ALCAR, sur Euronext Paris. Les données de cotation restent visibles sur les plateformes financières, mais elles décrivent un titre en fin de vie, plus un investissement.
Fiche de l’Action Carmat
| Société | CARMAT S.A. |
| Ticker / Mnémonique | ALCAR (Euronext Paris) |
| ISIN | FR0010907956 |
| Secteur | Dispositifs médicaux — coeur artificiel |
| Statut | Liquidation judiciaire annoncée le 6 janvier 2026, retrait de la cote |
| Cours résiduel | ≈ 0,10 € (23 octobre 2026) |
| Consensus d’analystes | Plus aucune couverture |
| Dividende | Jamais versé |
Le métier : un coeur artificiel biomatériau pour l’insuffisance cardiaque
Carmat conçoit et fabrique un coeur artificiel implantable destiné aux patients en insuffisance cardiaque terminale qui ne peuvent espérer une greffe. L’ambition était médicalement sublime : remplacer mécaniquement l’organe le plus vital, avec des matériaux biologiques compatibles et une électronique embarquée digne de l’aéronautique.
Le projet est né des travaux d’un éminent chirurgien cardiaque français, le professeur Alain Carpentier, qui a associé son savoir médical aux technologies d’ingénierie française. Le produit, implanté chez des patients de plusieurs pays, a démontré une faisabilité clinique réelle — des hommes ont vécu des mois avec ce coeur.
Mais la preuve clinique n’est pas la preuve économique. Entre les agréments réglementaires pays par pays, la montée en cadence de la production, la formation des équipes chirurgicales et le coût des dispositifs, chaque implantation devait financer un système industriel lourd — et la trésorerie s’épuisait plus vite que les ventes ne démarraient.
Histoire : de la prouesse médicale au piège boursier
L’histoire boursière de Carmat est celle d’un rendez-vous sans cesse repoussé entre la promesse et les comptes. Le projet a mobilisé pendant des années des levées de fonds successives : chaque augmentation de capital finançait l’étape suivante — essais, certification, industrialisation — au prix d’une dilution massive des actionnaires existants.
En 2025, la musique s’est arrêtée. Le 29 octobre, la société a annoncé le report de la publication de son rapport financier semestriel ; les 4 novembre et 2 décembre, deux communiqués faisaient « le point sur le redressement judiciaire en cours ». Le 6 janvier 2026, l’épilogue : « CARMAT annonce sa liquidation judiciaire et son retrait de la cote ».
La suite s’est jouée au tribunal : une offre de reprise a été retenue et validée par la justice, sauvegardant 88 emplois selon la presse — l’activité et une partie des équipes survivent, mais la société cotée, elle, disparaît. C’est précisément la définition d’une perte définitive pour l’actionnaire.
La Chronologie de la Chute
| Date | Événement |
| 29 octobre 2025 | Report de la publication du rapport financier semestriel 2025 |
| 4 novembre 2025 | Premier point officiel sur le redressement judiciaire en cours |
| 2 décembre 2025 | Deuxième point sur le redressement judiciaire en cours |
| Décembre 2025 | Les médias annoncent une offre de reprise en discussion, la décision renvoyée au tribunal |
| 6 janvier 2026 | Annonce de la liquidation judiciaire et du retrait de la cote |
| 2026 | Offre de reprise validée par le tribunal, 88 emplois sauvegardés |
Cette chronologie mérite une lecture attentive, car elle est typique : le report d’une publication comptable est presque toujours le premier signal public d’une trésorerie en perdition. Viennent ensuite les procédures, les points d’étape laconiques, puis l’annonce fatale. Entre le premier signal et l’épilogue, il reste théoriquement du temps pour agir.
Pourquoi Carmat a Échoué : l’Économie d’un Pari Médical
Les raisons de l’échec tiennent en une équation connue de toutes les sociétés de dispositifs médicaux innovants : le coût du temps. Entre la conception d’un coeur artificiel et sa vente rentable, il faut franchir les essais cliniques, les autorisations de mise sur le marché — marché par marché —, la qualification des centres hospitaliers, la production en série stérile. Chaque étape coûte des années et des dizaines de millions d’euros.
Pendant ce temps, la société ne vend pas encore, ou trop peu : elle consomme de la trésorerie. C’est le mécanisme bien connu de la consommation de trésorerie, propre à toute société en phase de développement. Tant que les investisseurs acceptent de financer le prochain jalon, l’histoire avance ; le jour où les marchés se ferment, la machine s’arrête faute de carburant, quelle que soit la qualité du produit.
Un chiffre donne la mesure du défi industriel : le titre a perdu 99,39 % sur cinq ans. Une telle amplitude ne traduit pas un simple accident comptable : elle reflète des années de dilution — chaque levée de fonds émettant de nouvelles actions qui réduisent la part des anciens —, de promesses révisées et d’espoirs déçus, jusqu’à l’épuisement final.
C’est exactement ce qui s’est produit. Le redressement judiciaire de l’automne 2025 a été l’aveu que les levées de fonds ne suffisaient plus à couvrir le calendrier. La liquidation de janvier 2026 a acté que même un repreneur industriel ne rémunérerait pas les actionnaires — dans une liquidation judiciaire, les créanciers passent avant les actionnaires, et ces derniers ne récupèrent, en pratique, presque jamais rien.
Que Deviennent les Actionnaires de Carmat ?
La question la plus fréquente est brutale : que valent aujourd’hui les titres ? La réponse l’est tout autant : en liquidation judiciaire avec retrait de la cote, l’action Carmat ne vaut plus rien de raisonnablement réalisable. Le prix résiduel affiché autour de 0,10 euro est une cotation fantôme — sans acheteur en volume, sans relais, sans horizon.
Sur le plan fiscal, la perte est néanmoins un fait établi que les épargnants peuvent intégrer à leur gestion : en compte-titres ordinaire, une moins-value réalisée reste imputable sur les plus-values des dix années suivantes selon les règles françaises en vigueur. Conserver une trace des opérations et de la radiation est donc utile pour la déclaration, même si cela ne restitue évidemment rien du capital perdu.
Un point de méthode pour l’avenir : la frontière entre l’investissement et le sauvetage d’identité. Beaucoup d’actionnaires ont racheté des titres en cours de chute pour « ramener le prix de revient à la baisse » — une stratégie qui aggrave la perte quand le fondamental est rompu. Dans un dossier en procédure collective, la moyenne à la baisse ne répare rien : elle concentre davantage de capital sur une issue déjà écrite.
Pour les détenteurs qui n’ont rien vendu, la leçon stratégique est double. D’abord, espérer un rebond sur une valeur en liquidation relève du pari, pas de l’investissement. Ensuite, le moment utile pour agir se situe bien en amont — au premier signal de fragilité, pas à l’annonce du tribunal.
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Il n’existe plus aucun consensus d’analystes sur Carmat : aucune banque ne publie d’objectif de cours, d’estimations de chiffre d’affaires ou de recommandation sur une société en liquidation. La page de consensus de la valeur est vide — c’est l’état final de toute radiation, et un repère utile : quand la couverture d’analystes d’une valeur disparaît, le marché lui-même a cessé d’y croire.
Le dividende, lui, n’a jamais existé : la société n’a jamais distribué un euro, logique absolue pour un développeur clinique qui consommait sa trésorerie. Les actionnaires n’avaient acheté qu’une seule promesse — celle du produit — et le produit n’a pas atteint à temps la rentabilité qui l’aurait transformée en flux financiers.
Les Signaux d’Alerte que le Marché Avait Sous-Estimés
Revenons sur les semaines qui ont précédé la procédure, car elles contiennent une méthode. Le premier signal a été comptable : le 29 octobre 2025, Carmat a reporté la publication de son rapport financier semestriel. Un décalage de cette nature n’est jamais anodin : il signale presque toujours une discussion en cours — avec l’auditeur, les banques ou les créanciers — sur la continuité d’exploitation.
Le deuxième signal a été procédural : les communiqués du 4 novembre et du 2 décembre, secs et laconiques, sur le redressement judiciaire en cours. Le vocabulaire comptait plus que le contenu : une société qui communique par « points » espacés sur sa propre procédure n’annonce plus un produit, elle gère une fin de partie.
Le troisième signal était structurel : la dépendance aux augmentations de capital. Une société qui se finance par émissions successives depuis des années n’a pas de marge d’erreur — il suffit qu’une fenêtre de marché se ferme pour que la trajectoire s’interrompe. Ces trois signaux, cumulés, formaient un tableau lisible bien avant le 6 janvier 2026.
Faut-il Acheter l’Action Carmat en 2026 ?
La réponse est sans détour : non. On ne peut pas raisonnablement investir dans une société qui a annoncé sa liquidation judiciaire et son retrait de la cote. Les ordres éventuels sur le titre résiduel ne constituent pas un investissement, mais une transaction sans fondement économique sur une ligne fantôme.
La vraie question est ailleurs : que retenir de cette histoire pour les prochains dossiers ? Le premier enseignement est la concentration du risque : un pari mono-produit mono-marché peut être médicalement admirable et financièrement fatal. Le deuxième est le calendrier de trésorerie : avant d’acheter toute société en phase de développement, il faut regarder la piste de liquidités — Combien de mois de caisse ? Quels jalons avant la prochaine levée ?
Le troisième enseignement est sectoriel : la santé cotée récompense rarement les pur joueurs du dispositif. Ceux qui veulent une exposition au secteur avec des bilans solides la trouvent plutôt chez les grands laboratoires établis comme Sanofi et sa recherche pharmaceutique. Ceux qui acceptent le risque du pur développement — avec la possibilité symétrique du gain et de la perte — peuvent étudier des profils comme Valneva et ses programmes de vaccins : la même classe de risque que Carmat, dans un dossier vivant.
Comment Investir dans la Santé Cotée sans Répéter Carmat
Si l’histoire de l’action Carmat vous a fait reculer devant la bourse, le bon réflexe est méthodique, pas défensif. Le guide comment investir en bourse pose les bases : horizon, diversification, taille de position. Trois règles s’appliquent ensuite spécifiquement aux valeurs de santé en développement.
- Vérifier la piste de trésorerie avant le produit : une société avec moins d’un an de caisse dépend du marché, pas de sa technologie.
- Limiter la taille de chaque pari : dans cette classe d’actifs, une position ne devrait jamais peser assez pour amputer gravement le portefeuille si elle part à zéro.
- Choisir un courtier sérieux pour l’exécution et le suivi : notre comparatif des sites de trading sérieux et fiables compare frais, régulation et qualité de service.
Une quatrième règle mérite d’être écrite noir sur blanc : la diversification n’est pas une option dans la santé innovante. Ce secteur concentre, plus que tout autre, les risques réglementaires, industriels et financiers : pour chaque succès qui multiplie le capital, plusieurs dossiers s’éteignent sans rien laisser. Un panier de valeurs du secteur, plutôt qu’un titre unique, est la seule façon de participer à la promesse sans en subir la loi des séries.
Fiscalité de la perte
Pour mémoire, en compte-titres ordinaire, les moins-values nettes réalisées sur une année s’imputent en France sur les plus-values des dix exercices suivants, dans le cadre du régime des plus et moins-values mobilières. Un point fiscaliste reste utile pour les cas particuliers — PEA, titres non cotés —, mais le principe de l’imputation différée est le socle à connaître.
FAQ sur l’Action Carmat
Quel est le cours de l’action Carmat aujourd’hui ?
Au 23 octobre 2026, le titre affiche environ 0,10 euro, sans variation. C’est une cotation résiduelle sans signification économique : la société a annoncé le 6 janvier 2026 sa liquidation judiciaire et son retrait de la cote. Sur cinq ans, l’action Carmat a perdu 99,39 %.
Pourquoi l’action Carmat a-t-elle chuté autant ?
La société, développeur du coeur artificiel français, a épuisé sa trésorerie avant d’atteindre la rentabilité. Après le report de son rapport semestriel fin octobre 2025 et un redressement judiciaire, elle a annoncé sa liquidation le 6 janvier 2026. La chute du titre — −94 % sur un an — a suivi chaque étape de la procédure.
Peut-on encore acheter l’action Carmat ?
Non. Une société en liquidation judiciaire dont le retrait de la cote a été annoncé n’offre aucun fondement d’investissement. Les éventuelles transactions sur la ligne résiduelle sont des opérations sans horizon économique, déconseillées à tout épargnant sérieux.
Que deviennent les actionnaires de Carmat ?
Dans une liquidation judiciaire, les actionnaires sont servis après les créanciers et ne récupèrent en pratique rien. L’offre de reprise validée par le tribunal a sauvegardé 88 emplois et une partie de l’activité, mais elle ne rachète pas la société cotée : les titres des actionnaires sont définitivement sans valeur de marché.
Carmat versait-elle un dividende ?
Non, Carmat n’a jamais versé de dividende. Comme toute société en phase de développement clinique, elle consommait sa trésorerie et finançait ses étapes par des augmentations de capital successives, au prix d’une dilution importante des actionnaires existants.
Quelle leçon retenir de l’action Carmat ?
Trois leçons : la trésorerie commande le destin des sociétés de développement, la concentration sur un pari unique peut annihiler un capital, et les signaux publics — report de publication, procédure de redressement — précèdent presque toujours l’épilogue. Les lire tôt fait partie du travail de l’investisseur.
Conclusion : une Belle Histoire Médicale, un Mauvais Investissement
L’histoire de l’action Carmat restera comme l’un des couples les plus tranchés de la bourse française : une prouesse médicale réelle — des patients ont vécu grâce à ce coeur artificiel — et une destruction quasi totale du capital actionnarial, −99,39 % sur cinq ans, liquidation judiciaire, retrait de la cote.
Le respect dû aux équipes médicales et aux 88 emplois sauvegardés par la reprise n’enlève rien à la leçon d’investissement : la technologie ne vaut que ce que permet sa piste de trésorerie. Avant tout achat dans un dossier de développement, la première lecture n’est pas le produit — c’est le calendrier de liquidités. C’est la leçon que l’action Carmat laisse, au prix le plus élevé, à ceux qui l’ont payée.
Cours et données au 23 octobre 2026 (Euronext, Boursorama ; communiqués de la société relayés par la presse financière). Cet article est informatif, ne constitue pas un conseil en investissement et décrit une situation de liquidation : le capital investi dans des valeurs en développement reste exposé à un risque de perte totale.