Actions les Plus Vendues à Découvert en France (Octobre 2026)

Les actions les plus vendues à découvert en France : au 26 octobre 2026, l’AMF recense 207 positions courtes nettes déclarées et toujours actives, réparties sur 83 émetteurs cotés à Paris. En tête : Valeo (11,61 %) · Renault (11,10 %) · Ubisoft Entertainment (10,86 %) · Viridien (10,44 %). Ce dossier présente le classement complet, la méthodologie de calcul — et tout ce qu’il faut comprendre de la vente à découvert avant d’interpréter ces chiffres.

La vente à découvert est un outil central des marchés actions : elle permet de parier sur la baisse d’un titre en le vendant sans le détenir. Encadrée par l’AMF et l’ESMA, elle fait l’objet d’un suivi public quotidien depuis 2012 : chaque gestionnaire dont la position courte nette dépasse 0,5 % du capital d’une société doit la déclarer. Ces déclarations, agrégées ci-dessous, dessinent la carte réelle des valeurs que « les fonds » considèrent comme surévaluées ou fragiles.

Le top 20 des actions les plus vendues à découvert à Paris

Classement par pourcentage du capital en position courte nette déclarée (somme des positions actives par émetteur, dernière valeur connue par déclarant) :

RangÉmetteurCapital vendu à découvertDéclarants
1Valeo11,61 %9
2Renault11,10 %8
3Ubisoft Entertainment10,86 %10
4Viridien10,44 %9
5FDJ United6,39 %5
6Teleperformance5,88 %7
7Abivax5,59 %5
8Alstom4,98 %6
9Remy Cointreau4,66 %5
10Atos Group4,38 %5
11Forvia3,86 %4
12Worldline3,86 %4
13Vallourec3,76 %5
14Gaztransport et Technigaz3,42 %5
15Gecina3,32 %4
16Publicis Groupe SA3,09 %4
17Nexity3,07 %3
18DBV Technologies2,89 %4
19X-Fab Silicon Foundries Se2,83 %1
20Sopra Steria Group2,80 %3

Source : AMF — historique des positions courtes nettes, export open data data.gouv.fr du 26 octobre 2026. Positions actives (sans date de fin de publication), dernière valeur déclarée par position. Ne sont rendues publiques que les positions ≥ 0,5 % du capital : le total réel peut être supérieur.

Les plus grosses positions individuelles

Quelques acteurs concentrent à eux seuls des paris vendeurs significatifs :

  • ILEX CAPITAL PARTNERS (UK) LLP déclare 3,70 % du capital de FDJ United (depuis le 22/10/2026)
  • JPMORGAN ASSET MANAGEMENT (UK) LIMITED déclare 2,83 % du capital de X-Fab Silicon Foundries Se (depuis le 16/10/2026)
  • BG MASTER FUND ICAV déclare 2,52 % du capital de Smcp (depuis le 27/01/2025)
  • KINTBURY CAPITAL LLP déclare 2,44 % du capital de Valeo (depuis le 09/09/2026)
  • CITADEL ADVISORS LLC déclare 2,41 % du capital de Renault (depuis le 19/10/2026)

Qu’est-ce que la vente à découvert ?

La vente à découvert (short selling en anglais) consiste à vendre un titre qu’on ne détient pas, en empruntant les actions à un autre investisseur (généralement via un courtier ou un prêteur institutionnel). Le vendeur espère racheter le titre plus bas pour le restituer au prêteur, et empocher la différence.

Exemple chiffré : vous empruntez 100 actions cotées 50 €, vous les vendez pour 5 000 €. Si le titre tombe à 40 €, vous les rachetez pour 4 000 € et rendez les actions : gain 1 000 € (hors frais d’emprunt et dividendes). Si le titre monte à 60 €, perte 1 000 € — et contrairement à un achat, où la perte maximale est le capital investi, la perte d’un short est théoriquement illimitée, puisque le cours peut monter indéfiniment.

Trois conséquences pratiques expliquent pourquoi cette pratique est surveillée de près :

  • Les frais d’emprunt se facturent quotidiennement et explosent sur les valeurs très demandées à la baisse — plus une action est shortée, plus le short est cher à tenir.
  • Le prêteur peut rappeler ses titres (recall), forçant le vendeur à racheter en pleine séance — un des mécanismes des « short squeezes ».
  • Les dividendes dus pendant la période d’emprunt sont à la charge du vendeur à découvert : un titre à fort rendement coûte cher à shorter.

Pour approfondir les stratégies qui encadrent ce type de position, voir notre panorama du trading en ligne et nos critères pour choisir un courtier — la vente à découvert n’est pas proposée par toutes les plateformes, et les conditions de prêt varient fortement.

Comment lire ces chiffres : la méthodologie expliquée

Le classement ci-dessus est construit à partir des données publiques de l’AMF, mais plusieurs règles de lecture sont indispensables :

  1. Le seuil de déclaration est de 0,5 % du capital. Depuis 2012, tout investisseur dont la position courte nette (positions courtes moins couvertures longues, par émetteur) franchit 0,5 % du capital doit la notifier à l’AMF, qui la publie. Résultat : une valeur peut être davantage vendue à découvert que ne le montre la liste, si les positions restent sous 0,5 %.
  2. Une position courte nette n’est pas un simple pari baissier. Les fonds déclarent aussi des positions dites « couvertes » : couverture d’un convertible, d’une obligation, d’un hedge sur LBO ou sur indice. Une partie du short « déclaré » peut donc être technique et non directionnelle.
  3. L’agrégation par émetteur additionne les positions des déclarants — dix fonds à 1 % font un total de 10 %, sans qu’aucun acteur ne détienne réellement une position massive.
  4. Les données sont diffusées avec un délai d’environ un jour ouvré : le fichier de l’AMF reflète les déclarations récentes, pas la séance en temps réel.
  5. Un short élevé n’annonce pas une baisse. Statistiquement, les valeurs très shortées sont aussi celles qui s’apprécient le plus violemment lors des rebonds (squeezes) — le positionnement est un indicateur de tension, pas un signal de vente.

Pourquoi ces valeurs sont-elles les plus shortées ?

  • Valeo (11,61 %) : l’équipementier automobile fait face à la transition électrique et à la pression sur les prix exercée par les constructeurs clients.
  • Renault (11,10 %) : le secteur automobile européen affronte une transition électrique coûteuse et une concurrence chinoise aggravée — un contexte qui pèse sur les marges des constructeurs généralistes.
  • Ubisoft Entertainment (10,86 %) : l’éditeur traverse un cycle difficile (retards de sorties, essoufflement de certaines franchises, concurrence du free-to-play).
  • Viridien (10,44 %) : ex-CGG, le groupe géophysique reste marqué par la restructuration du secteur sismique et une dette héritée.
  • FDJ United (6,39 %) : l’opérateur de jeux (ex-FDJ) évolue dans un secteur où la fiscalité des paris et la concurrence des opérateurs en ligne pèsent sur la visibilité.
  • Teleperformance (5,88 %) : un modèle remis en question par l’IA et la délocalisation des centres d’appels.

La présence récurrente de Teleperformance, Worldline ou Atos illustre une constante : les shorts se concentrent sur les sociétés dont le modèle est remis en question — IA, paiements, restructuration. À l’inverse, certaines positions sont très probablement techniques (couvertures d’asset managers), notamment quand un seul déclarant apparaît.

Vente à découvert : la réglementation en France et en Europe

La vente à découvert est légale et encadrée en France. Le cadre européen (règlement SSR de 2012, repris post-Brexit par l’ESMA et l’AMF) impose notamment :

  • La transparence : notification à l’AMF à 0,5 % du capital, puis à chaque palier de 0,1 % supplémentaire ; publication agrégée par l’AMF, l’ESMA et la FCA britannique.
  • L’interdiction de la vente à découvert « à nu » (naked short) : l’investisseur doit avoir localisé et emprunté les titres avant de les vendre — l’exception du « market maker » reste encadrée.
  • Le pouvoir des régulateurs d’interdire temporairement les shorts : l’ESMA et plusieurs régulateurs européens l’ont fait en mars 2020 sur certaines valeurs pendant la crise du Covid, et à nouveau en 2022 sur des instruments liés à la Russie. L’AMF conserve ce pouvoir sur les valeurs françaises.
  • Un filet de sécurité sur les CFD : chez les particuliers, la vente à découvert se fait surtout via CFD ou futures — des produits à effet de levier dont l’ESMA a limité le levier de détail et qui exigent la compréhension du cadre réglementaire AMF.

Les risques de la vente à découvert pour l’investisseur

Pour un particulier, shorter une action est une opération parmi les plus risquées du marché :

  1. Perte potentiellement illimitée : il n’existe pas de plafond au cours d’une action, donc pas de perte maximale connue d’avance.
  2. Short squeeze : quand une valeur très shortée rebondit, les vendeurs rachètent en urgence pour limiter leurs pertes, ce qui accélère la hausse — le mouvement GameStop de 2021 a fait passer ce mécanisme dans le grand public.
  3. Coûts d’emprunt variables : sur les titres du top 20 ci-dessus, emprunter des actions peut coûter plusieurs pourcents par an, parfois par mois sur les titres « hard to borrow ».
  4. Rappels de titres et dividendes : deux frais imprévisibles qui dégradent la performance d’un short même juste.

C’est aussi pour cela que ces données méritent d’être croisées avec les outils de prévention : avant d’agir sur une plateforme qui propose le short, vérifiez qu’elle est autorisée — notre liste noire AMF 2026 recense plus de 3 300 sites non autorisés en France.

Comment suivre les positions courtes au quotidien

Les données utilisées ici sont publiques et gratuites :

  • Le fichier historique de l’AMF sur data.gouv.fr (« Historique des positions courtes nettes sur actions »), mis à jour chaque jour ouvré — c’est la source de notre tableau.
  • La data visualisation de l’AMF, qui permet de chercher un émetteur et d’afficher l’évolution de ses positions déclarées.
  • L’ESMA, qui agrège les notifications de tous les régulateurs européens (net short positions).

Nous mettons à jour ce classement régulièrement à partir de ces mêmes fichiers — la méthodologie étant constante, les variations d’une édition à l’autre sont comparables.

Questions fréquentes sur la vente à découvert en France

Qu’est-ce qu’une position courte nette ?

C’est la somme des positions vendeuses (actions vendues à découvert, options, swaps) diminuée des positions longues détenues sur le même émetteur par le même déclarant. Seule cette valeur nette est soumise au seuil de déclaration de 0,5 % du capital auprès de l’AMF.

Où consulter les positions courtes sur les actions françaises ?

Sur l’open data de l’AMF (fichier quotidien sur data.gouv.fr) et sur la data visualisation de l’AMF. L’ESMA publie aussi une vue européenne agrégée. Notre tableau reprend ces sources avec la date de l’export mentionné en bas du classement.

La vente à découvert est-elle légale en France ?

Oui, à condition d’être « couverte » : les titres doivent être empruntés ou localisés avant la vente. La vente à découvert nue est interdite en Europe depuis 2012, et les régulateurs peuvent suspendre temporairement les shorts en cas de tensions de marché, comme en 2020 et 2022.

Pourquoi Renault est-elle autant vendue à découvert ?

Le constructeur cumule les facteurs qui attirent les vendeurs : secteur en transition coûteuse, pression concurrentielle sur les prix, et une part importante du flottant facilement empruntable. Les 8 déclarants actifs totalisent 11,10 % du capital — un niveau qui place le titre parmi les plus shortés de Paris, sans préjuger de l’évolution du cours.

Un short élevé est-il un signal de vente ?

Non. Un positionnement vendeur élevé indique une conviction baissière des fonds déclarants, mais aussi un potentiel de rebond violent (squeeze) si une bonne nouvelle survient. Ces données servent à mesurer la tension sur un titre, pas à remplacer une analyse.

Peut-on vendre à découvert avec un petit capital ?

En pratique, les particuliers passent par des CFD ou des futures proposés par les courtiers autorisés — des produits à effet de levier dont les pertes peuvent dépasser la mise. La vente à découvert physique (emprunt de titres) reste majoritairement institutionnelle, notamment parce que les frais d’emprunt se négocient au million d’euros.

Avertissement : informations fournies à titre informatif et pédagogique, à partir des données publiques AMF du 26 octobre 2026. Pas un conseil en investissement. Les positions courtes déclarées évoluent quotidiennement ; vérifiez les chiffres à la source avant toute décision. Investir et shorter des actions comporte un risque de perte, potentiellement illimité pour la vente à découvert.