Rapport COT du 20 octobre 2026 (semaine 42, publié vendredi 23 octobre) : les gestionnaires de fonds spéculatifs affichent une position nette de +199 865 contrats sur l’or (49.7 % de l’open interest), une position vendeuse de 134 524 contrats sur l’euro et un net S&P 500 de -142 671 contrats (-7.4 % de l’OI, variée de 1 676 contrats à la baisse). Ce dossier détaille le tableau complet du Commitments of Traders de la CFTC — et comment l’interpréter sans se tromper.
Le rapport COT est l’un des rares documents qui montrent, noir sur blanc, ce que font les « gros fonds » sur les marchés de futures : or, pétrole, gaz, indices, devises, Bitcoin. Publié chaque vendredi à 15 h30 (heure de New York) à partir des positions du mardi, il constitue une photographie du positionnement spéculatif — complémentaire du suivi des stratégies de trading basées sur le prix seul.
Le tableau COT complet de la semaine du 20 octobre 2026
Positionnement net des opérateurs non commerciaux (fonds spéculatifs) sur les marchés principaux :
| Marché (contrat) | Open interest | Position nette spéculative | En % de l’OI | Variation vs semaine précédente |
|---|---|---|---|---|
| Or (COMEX) | 402 279 | +199 865 | +49.7 % | -8 014 |
| Argent (COMEX) | 113 992 | +19 795 | +17.4 % | -2 836 |
| Cuivre (COMEX) | 327 119 | +57 397 | +17.5 % | -11 123 |
| Pétrole WTI (ICE) | 755 018 | -23 995 | -3.2 % | -1 092 |
| Gaz naturel Henry Hub (NYMEX) | 405 527 | +262 172 | +64.6 % | -2 791 |
| E-mini S&P 500 (CME) | 1 935 470 | -142 671 | -7.4 % | -1 676 |
| Nasdaq-100 mini (CME) | 272 462 | +50 726 | +18.6 % | +2 203 |
| Bitcoin (CME) | 21 040 | +2 418 | +11.5 % | -116 |
| Euro FX (CME) | 877 940 | -134 524 | -15.3 % | +3 049 |
Source : CFTC, Commitments of Traders (Legacy, futures uniquement), données au mardi 20 octobre 2026, publiées le vendredi 23 octobre 2026. Lecture : position nette = contrats longs − contrats courts des opérateurs non commerciaux ; la variation se lit sur la position nette d’une semaine à l’autre.
Qu’est-ce que le rapport COT (Commitments of Traders) ?
Le Commitments of Traders est un rapport hebdomadaire publié par la CFTC (Commodity Futures Trading Commission), le régulateur américain des marchés à terme. Chaque vendredi, il agrège les positions détenues en fin de séance du mardi précédent sur tous les marchés de futures cotés aux États-Unis.
Chaque contrat y est ventilé en trois catégories d’opérateurs :
- Commerciaux (commercial) : entreprises qui utilisent le futures pour couvrir leur activité — une raffinerie sur le pétrole, un mineur sur l’or, une banque sur les devises. On les appelle « smart money » à contresens : ils vendent quand le prix monte, par nature.
- Non commerciaux (non-commercial) : fonds spéculatifs, CTAs, hedge funds — ceux qui prennent des positions directionnelles. C’est la catégorie utilisée dans notre tableau.
- Non reportables (non-reportable) : petites positions, souvent celles des particuliers — trop petites pour être attribuées à une catégorie déclarante.
Le COT couvre les futures uniquement (dans sa version Legacy) : les options ne sont incluses que dans le format « combined ». Les amateurs de devises noteront que ce positionnement complète l’analyse classique du marché Forex, en révélant le biais réel des fonds sur l’euro ou le yen.
Or : les spéculateurs longs
Avec 199 865 contrats nets longs pour 402 279 contrats d’open interest, les fonds conservent sur l’or un positionnement équivalent à 49.7 % du marché. La variation hebdomadaire est de -8 014 contrats — un désengagement partiel. En analyse COT, un positionnement extrême signifie que le « carburant » pour prolonger la tendance s’amenuise : chaque nouveau record de prix exige théoriquement de nouveaux achats spéculatifs.
Le cuivre (17.5 % de l’OI en net long) et l’argent (17.4 %) confirment le biais acheteur généralisé sur les métaux, cohérent avec la demande industrielle et la transition énergétique.
Pétrole WTI : les fonds plutôt vendeurs
Sur le pétrole léger américain, la position nette spéculative est de -23 995 contrats (-3.2 % de l’open interest), variée de 1 092 contrats à la baisse. L’open interest reste élevé (755 018 contrats). Pour le trader, la lecture COT classique est celle des extrêmes inversés : un net court spéculatif qui s’allonge trop est historiquement un terrain fertile pour les rebonds violents (short squeeze).
Le gaz naturel Henry Hub conserve sa structure habituelle — la catégorie spéculative y est structurellement longue (64.6 % de l’OI), un trait spécifique de ce marché où les producteurs couvrent côté vendeur.
Indices et euro : le contraste de la semaine
- E-mini S&P 500 : position nette de -142 671 contrats (-7.4 % de l’OI), variée de 1 676 contrats à la baisse.
- Nasdaq-100 : position nette de +50 726 contrats (18.6 % de l’OI), variée de 2 203 contrats à la hausse.
Côté devises, la position nette sur l’euro est de -134 524 contrats (-15.3 % de l’OI), variée de 3 049 contrats à la hausse. Un alourdissement rapide du short sur l’Euro FX place le positionnement dans des zones qui, historiquement, précèdent les phases de stabilisation — voire de rebond — quand une donnée surprend dans l’autre sens. Cette divergence (on couvre le short valeur / on allège le long croissance) est typique d’une rotation de positionnement plus que d’un pari directionnel franc sur l’ensemble du marché.
Bitcoin : les fonds restent longs
Sur le Bitcoin CME, la position nette spéculative est longue de 2 418 contrats (11.5 % de l’open interest total de 21 040 contrats), quasi inchangée sur la semaine. Deux mises en garde pour les lecteurs qui suivent les crypto-monnaies : l’open interest du CME ne représente qu’une fraction du marché — les plateformes non régulées pèsent beaucoup plus ; ensuite, le Bitcoin reste dominé par des flux spot et ETF que le COT ne capture pas. Le signal est donc un indicateur de conviction des fonds institutionnels américains, pas une photographie du marché global.
Comment utiliser le rapport COT dans votre trading
Le COT ne prédit pas le cours de la semaine prochaine — il mesure le positionnement, c’est-à-dire le potentiel d’achat ou de vente « déjà dans le marché ». Quatre usages éprouvés :
- Les extrêmes historiques : comparer le net spéculatif actuel à sa distribution des 3 à 5 dernières années (percentiles). Un net long à des sommets historiques signifie que « tout le monde est déjà acheteur » — le risque asymétrique passe de l’autre côté.
- Les divergences prix/positionnement : si le prix fait un nouveau sommet mais que le net long stagne ou recule, la hausse est portée par d’autres acteurs — un signal de fragilité ou de solidité selon le contexte.
- Les retournements de variation : une variation hebdomadaire extrême marque souvent une accélération finale du mouvement — le fameux « climax » de positionnement.
- La confirmation de tendance : sur le moyen terme (1 à 3 mois), un positionnement qui s’installe progressivement dans le sens du prix confirme la tendance ; un positionnement qui s’inverse avant le prix annonce souvent la correction.
Concrètement, le COT s’utilise sur des horizons de semaines, en complément d’une analyse technique sur unités de temps inférieures — jamais seul. Avant d’appliquer ces lectures, vérifiez que votre courtier donne accès aux futures concernés ou aux CFD qui les répliquent.
Les limites du rapport COT
Trois limites doivent être connues avant de sur-interpréter le tableau ci-dessus :
- Le délai : les positions sont celles du mardi, publiées le vendredi. Entre les deux, trois séances complètes ont eu lieu — le positionnement a pu changer.
- Futures uniquement (Legacy) : la catégorie « non commercial » agrège des stratégies très différentes (directionnel, spread, couverture croisée). Le format TFF, plus fin, sépare dealers, leveraged funds et asset managers — mais n’existe que pour les financiers.
- Les swaps compensés : une part croissante du positionnement passe par des swaps qui n’apparaissent pas dans le COT classique — particulièrement vrai sur les indices et l’énergie.
Questions fréquentes sur le rapport COT
Quand paraît le rapport COT ?
Chaque vendredi à 15 h30, heure de New York (21 h30 en heure d’hiver française), à partir des positions de clôture du mardi. En cas de jour férié américain, la publication est décalée au lundi suivant.
Où consulter le rapport COT ?
Sur le site de la CFTC (publicreporting.cftc.gov), gratuitement, en CSV, JSON ou XML. Notre tableau de cette semaine reprend la version Legacy (futures seulement) du 20 octobre 2026.
Que signifie « non commercial » dans le COT ?
C’est la catégorie des opérateurs qui n’utilisent pas le futures pour couvrir une activité commerciale : hedge funds, CTAs, gestionnaires spéculatifs — le positionnement directionnel des « gros fonds ».
Le COT permet-il de prédire les cours ?
Non. Le COT mesure un état du positionnement, pas une prévision. Ses meilleurs usages sont la détection d’extrêmes et des divergences avec le prix, sur des horizons de plusieurs semaines.
Quelle différence entre le COT Legacy et le TFF ?
Le Legacy classe les traders en commerciaux / non commerciaux / non reportables et couvre tous les marchés. Le TFF (Traders in Financial Futures) ne couvre que les financiers, avec quatre catégories plus fines (dealers, leveraged funds, asset managers, other reportables) et inclut les options.
Peut-on consulter l’historique complet du COT ?
Oui : la CFTC met à disposition des archives depuis 1986 sur son site, marché par marché, avec une base 2006 « ajustée » comparable aux catégories actuelles. C’est cette profondeur qui rend l’analyse des percentiles possible : sur l’or, un net long ne se juge pas en valeur absolue mais par rapport à sa propre histoire. Attention toutefois aux ruptures de série (changements de catégories en 2006, intégration du Bitcoin en 2018, évolutions du swapped) qui peuvent fausser les comparaisons naïves d’une décennie à l’autre.
Avertissement : cet article est fourni à titre informatif et pédagogique, à partir des données publiques de la CFTC du 20 octobre 2026. Il ne constitue pas un conseil en investissement. Le positionnement des fonds évolue chaque semaine ; consultez la source officielle avant toute décision. Le trading de futures et de produits à effet de levier comporte un risque de perte supérieur à la mise initiale.