Crypto en Belgique : ce que contrôle la FSMA et comment vérifier une plateforme en 2026

En Belgique, c’est la FSMA (Autorité des services et marchés financiers) qui autorise et surveille les prestataires de services sur crypto-actifs depuis l’entrée en vigueur du règlement européen MiCA. La période transitoire belge a pris fin le 1er juillet 2026 : depuis, une plateforme doit détenir un agrément MiCA, belge ou d’un autre pays de l’Union, pour servir des clients belges. Particularité à connaître : selon les listes de la FSMA vérifiées le 30 octobre 2026, aucun prestataire crypto n’est agréé par la FSMA elle-même. Les plateformes légales accessibles en Belgique sont donc agréées ailleurs dans l’Union et doivent figurer au registre européen de l’ESMA. Avant de déposer de l’argent, il faut aussi passer le nom de la plateforme dans l’outil « Vérifiez votre fournisseur » de la FSMA, qui signale les mises en garde.

Cet article complète notre dossier sur la liste noire AMF crypto, consacré à la France.

La FSMA, c’est quoi ?

La FSMA est le régulateur belge des marchés financiers et de la protection des consommateurs de services financiers. Elle partage la supervision du secteur avec la Banque nationale de Belgique (BNB), qui s’occupe surtout de la solidité des banques et des assureurs (contrôle prudentiel). Pour les cryptomonnaies, la FSMA est en première ligne : elle est l’autorité compétente désignée pour MiCA, elle publie les mises en garde et elle encadre la publicité crypto.

À ne pas confondre avec le FSMA britannique, le Financial Services and Markets Act, une loi du Royaume-Uni qui n’a rien à voir avec l’autorité belge.

Avant MiCA : un régime belge resté presque vide

La Belgique avait adopté un premier cadre national avec l’arrêté royal du 8 février 2022 relatif au statut et au contrôle des prestataires de services d’échange entre monnaies virtuelles et monnaies légales et des prestataires de services de portefeuilles de conservation, publié au Moniteur belge le 23 février 2022. Il prévoyait une inscription auprès de la FSMA.

Dans les faits, la FSMA indique qu’elle n’a pu octroyer aucune inscription sous ce régime national. Autrement dit, aucune plateforme n’a jamais été « enregistrée FSMA » au titre de cet arrêté. Si un site met en avant une telle inscription, c’est un signal d’alerte.

Ce régime a tout de même servi : le 23 juin 2023, la FSMA a enjoint Binance de cesser immédiatement toute offre de services d’échange et de portefeuilles de conservation en Belgique, parce que ces services étaient proposés depuis un pays situé hors de l’Espace économique européen.

MiCA en Belgique : la loi de 2025 et la fin de la transition

Le règlement MiCA (règlement (UE) 2023/1114) s’applique directement dans tous les États membres. La Belgique l’a mis en œuvre par la loi du 11 décembre 2025, publiée au Moniteur belge le 24 décembre 2025 et entrée en vigueur le 3 janvier 2026. Cette loi désigne la FSMA comme autorité compétente et répartit certaines tâches avec la BNB : pour un prestataire qui est déjà une entreprise d’investissement, un établissement de paiement ou un établissement de monnaie électronique, le contrôle prudentiel revient à la BNB.

Une période transitoire de 18 mois, terminée

MiCA permettait aux États d’accorder un délai aux plateformes déjà actives. La Belgique a choisi la durée maximale, 18 mois, comme le montre la liste officielle des périodes transitoires publiée par l’ESMA. Concrètement :

PériodeCe qui était permis
Jusqu’au 30 juin 2026 inclusLes prestataires déjà actifs en Belgique avant MiCA pouvaient continuer, jusqu’à obtenir ou se voir refuser un agrément
Depuis le 1er juillet 2026Seuls les prestataires agréés MiCA (CASP, ou PSCA en français) ou les entités financières ayant notifié leur activité peuvent servir des clients en Belgique

Pour les plateformes étrangères, la FSMA précise qu’elles ne pouvaient profiter de la transition que si elles étaient déjà actives en Belgique, sans établissement, le 30 décembre 2024.

Dans un communiqué du 25 juin 2026, la FSMA indiquait qu’à cette date, aucun CASP ne disposait d’un agrément délivré par elle. Ses listes des CASP belges agréés et des CASP belges ayant notifié leur intention de fournir des services portent toujours la mention « Nihil » (vérification du 30 octobre 2026). Les deux listes renvoient au registre de l’ESMA.

Comment vérifier une plateforme crypto depuis la Belgique

Comme aucun CASP n’est agréé en Belgique même, la vérification se fait en trois temps.

ÉtapeOutilCe que vous cherchez
1FSMA, « Vérifiez votre fournisseur »Une mise en garde (bandeau rouge) ou une inscription sur une liste de la FSMA (bouton vert)
2Registre intérimaire MiCA de l’ESMALa société est agréée comme CASP dans un pays de l’Union, pour les services proposés
3Liste des CASP belges agréés ou notifiés (FSMA)Utile si la société se dit belge : en novembre 2026, cette liste est vide

Étape 1 : « Vérifiez votre fournisseur ». L’outil de recherche de la FSMA indique, pour un nom ou un site, s’il fait l’objet d’une mise en garde. Un bandeau rouge signifie qu’une mise en garde a été publiée. La consigne de la FSMA est nette : ne donnez pas suite à une offre émanant d’une entité visée par une mise en garde.

Étape 2 : le registre de l’ESMA. Une plateforme accessible légalement en Belgique doit être agréée comme CASP dans un État de l’Union et avoir notifié son activité transfrontière. Le registre intérimaire de l’ESMA, publié sous forme de fichiers CSV sur la page MiCA de l’ESMA, recense les CASP agréés et les entités non conformes. Comparez la dénomination sociale exacte, le pays d’agrément et la liste des services autorisés.

Étape 3 : cohérence du discours. Si la plateforme se présente comme « belge, agréée par la FSMA », elle devrait figurer sur la liste des CASP belges agréés. Tant que cette liste est vide, une telle affirmation est fausse.

Pour comparer les intermédiaires régulés disponibles en Belgique sur les marchés traditionnels, consultez aussi notre guide des brokers en Belgique.

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Les mises en garde crypto de la FSMA

La FSMA publie ses mises en garde sur une page dédiée et précise que la liste n’est pas exhaustive. Depuis la fin de la période transitoire, elle tient une liste de CASP frauduleux, alimentée au fil de ses constats et consultable via l’outil « Vérifiez votre fournisseur ».

Exemple concret : le 6 juillet 2026, la FSMA a publié une mise en garde intitulée « Attention aux prestataires de services sur crypto-actifs non agréés ». Elle y vise six sociétés : Aurum Foundation (aurum.foundation), Bank Bit (bank-bit.com), Bithf Pro (bitfpro.org), Dxago (dxago.com), Global Dynamic Trade (globaldynamictrade.org) et ZeriaFunding (zeriafunding.com). Dans la version anglaise de cet avertissement, la FSMA rappelle aussi qu’aucun mécanisme d’indemnisation ne couvre les pertes éventuelles avec ce type d’acteur.

Les scénarios dénoncés par la FSMA ressemblent à ceux observés en France : publicités sur les réseaux sociaux, conseillers qui appellent après un formulaire, tableaux de bord affichant des gains fictifs, puis frais à payer pour retirer son argent. Notre article sur les arnaques au trading détaille ces techniques.

Publicité crypto : des règles belges spécifiques

La Belgique a été l’un des premiers pays à encadrer la publicité pour les cryptomonnaies. Le règlement de la FSMA du 5 janvier 2023, approuvé par arrêté royal, est entré en vigueur le 17 mai 2023. Il impose notamment :

  • que la publicité ne soit ni inexacte ni trompeuse ;
  • un avertissement court obligatoire : « Monnaie virtuelle, risques réels. En crypto seul le risque est garanti. », complété par un avertissement plus long sur les principaux risques ;
  • la notification à la FSMA des campagnes de masse au moins 10 jours avant leur diffusion ;
  • l’application à tous les canaux, réseaux sociaux compris.

Depuis MiCA, la FSMA précise que les règles européennes priment pour la publicité des CASP agréés et des offres au public de crypto-actifs. Le règlement belge reste toutefois applicable notamment aux influenceurs et intermédiaires qui ne sont pas des CASP, et aux crypto-actifs sans émetteur identifiable comme le bitcoin.

Conséquence pratique : une publicité crypto diffusée en Belgique sans l’avertissement obligatoire, ou un influenceur qui promet des gains, sont des signaux d’alerte.

Garantie des dépôts et cryptos : ce qui n’est pas couvert

Le Fonds de garantie belge protège :

  • les dépôts jusqu’à 100 000 euros par personne et par établissement ;
  • les instruments financiers détenus auprès d’une banque ou d’une entreprise d’investissement, jusqu’à 20 000 euros par personne et par établissement, en cas de défaillance de l’établissement.

Les crypto-actifs ne figurent pas parmi les avoirs protégés par ces systèmes. Si une plateforme crypto fait faillite ou disparaît, aucun fonds belge n’indemnise ses clients.

Victime d’une arnaque crypto en Belgique : les bons interlocuteurs

  1. Cessez tout paiement, y compris les « frais » réclamés pour débloquer un retrait.
  2. Rassemblez les preuves : site, échanges, adresses de portefeuilles, preuves de virement.
  3. Signalez le cas à la FSMA via son formulaire consacré à la fraude à l’investissement, qui couvre explicitement la fraude liée aux cryptomonnaies.
  4. Transférez les e-mails de phishing à [email protected].
  5. Portez plainte auprès de la police locale si vous avez perdu de l’argent, comme le recommande la FSMA.
  6. Signalez la pratique commerciale à l’Inspection économique du SPF Economie via ConsumerConnect si nécessaire.

La FSMA ne récupère pas les fonds des victimes. Méfiez-vous des sociétés qui vous contactent après une arnaque en promettant de « tracer » vos cryptos contre paiement : c’est souvent une deuxième escroquerie.

Pour comparer avec les autres pays francophones, lisez nos guides sur la liste PSAN AMF et le statut PSCA en France et sur la crypto en Suisse face à la FINMA.

Avertissement sur les risques : en crypto, comme le rappelle l’avertissement imposé en Belgique, seul le risque est garanti. Les crypto-actifs sont très volatils et vous pouvez perdre la totalité de votre mise. Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.

FAQ : crypto en Belgique et FSMA

C’est quoi la FSMA ?

L’Autorité des services et marchés financiers, le régulateur belge chargé du contrôle des marchés financiers, des règles de conduite des intermédiaires et de la protection des consommateurs de services financiers. Elle est l’autorité compétente pour MiCA en Belgique.

Quelles plateformes crypto sont autorisées en Belgique ?

Celles qui disposent d’un agrément MiCA (CASP) et ont notifié leur activité en Belgique, ou les entités financières notifiées. Fin octobre 2026, aucun CASP n’est agréé par la FSMA : les plateformes autorisées le sont dans un autre pays de l’Union et figurent au registre de l’ESMA.

La FSMA a-t-elle une liste noire crypto ?

Oui, sous forme de mises en garde publiées sur son site et d’une liste de CASP frauduleux, consultables via l’outil « Vérifiez votre fournisseur ». Cette liste n’est pas exhaustive : l’absence de mise en garde ne prouve pas qu’une plateforme est autorisée.

Binance est-elle autorisée en Belgique ?

La FSMA a ordonné à Binance, le 23 juin 2023, de cesser ses services d’échange et de conservation en Belgique sous l’ancien régime. Pour la situation actuelle de toute plateforme, vérifiez le registre MiCA de l’ESMA et l’outil de la FSMA le jour de votre recherche.

La période transitoire MiCA est-elle terminée en Belgique ?

Oui. Elle a duré 18 mois et s’est achevée le 1er juillet 2026. Depuis, un agrément MiCA est obligatoire.

Mes cryptos sont-elles protégées par la garantie des dépôts ?

Non. La garantie couvre les dépôts jusqu’à 100 000 euros et, dans certains cas, les instruments financiers jusqu’à 20 000 euros. Les crypto-actifs ne sont pas couverts.

Comment signaler une arnaque crypto à la FSMA ?

Via le formulaire de la FSMA dédié aux questions sur la fraude à l’investissement. Si vous avez perdu de l’argent, portez aussi plainte auprès de la police locale.