Au Canada, les plateformes de négociation de cryptoactifs sont encadrées par les autorités provinciales en valeurs mobilières, réunies au sein des ACVM (Autorités canadiennes en valeurs mobilières). Au Québec, c’est l’Autorité des marchés financiers (AMF) du Québec qui s’en charge : une plateforme qui sert des Québécois doit être inscrite auprès d’elle à titre de courtier. L’AMF publie un registre des plateformes de négociation de cryptoactifs, et les ACVM tiennent une liste nationale des plateformes autorisées à faire affaire avec les Canadiens. Si une plateforme n’y figure pas, ou si elle apparaît dans les mises en garde de l’AMF, n’y déposez pas d’argent.
Attention : l’AMF du Québec n’a rien à voir avec l’AMF française. Pour la France, voyez notre dossier sur la liste noire AMF crypto.
Qui encadre la crypto au Canada ?
Le Canada n’a pas de régulateur national des valeurs mobilières. Chaque province a le sien : la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario (CVMO/OSC), la British Columbia Securities Commission, l’Alberta Securities Commission, l’AMF au Québec, etc. Ils coordonnent leurs règles au sein des ACVM (en anglais, Canadian Securities Administrators ou CSA).
Deux autres acteurs comptent pour les plateformes crypto :
- l’OCRI (Organisme canadien de réglementation des investissements, CIRO en anglais), l’organisme d’autoréglementation des courtiers en placement, dont les grandes plateformes doivent devenir membres ;
- le Centre antifraude du Canada, qui reçoit les signalements de fraude.
Une plateforme crypto doit s’inscrire comme courtier
Au Québec, l’AMF l’indique sans ambiguïté sur son registre : les plateformes de négociation de cryptoactifs doivent être inscrites auprès d’elle à titre de courtier. Elles sont donc soumises aux mêmes grandes obligations qu’un intermédiaire financier : connaissance du client, conservation séparée des actifs, information sur les risques.
Les étapes du régime canadien des plateformes crypto
| Date | Étape |
|---|---|
| 29 mars 2021 | Avis 21-329 des ACVM : cadre provisoire, inscription possible comme courtier d’exercice restreint pour une durée limitée |
| 15 août 2022 | Les ACVM demandent aux plateformes non inscrites de signer un engagement préalable à l’inscription |
| 12 décembre 2022 | Engagements renforcés : actifs des clients confiés à un dépositaire et séparés, interdiction de la marge et de l’effet de levier |
| 22 février 2023 | Avis 21-332 : les plateformes non inscrites doivent fournir un engagement renforcé dans les 30 jours |
| 6 août 2024 | Les ACVM et l’OCRI attendent des plateformes qu’elles s’inscrivent comme courtiers en placement et deviennent membres de l’OCRI |
Selon la CVMO (page mise à jour le 27 octobre 2026), les ACVM n’acceptent plus de nouveaux engagements préalables : les nouvelles plateformes doivent déposer directement leur demande auprès de l’OCRI.
L’engagement préalable à l’inscription n’est pas une inscription
Sur son registre, l’AMF du Québec le précise noir sur blanc : le fait qu’une plateforme ait signé un engagement préalable ne signifie pas qu’elle est inscrite auprès de l’AMF. En novembre 2026, une seule plateforme figure dans cette catégorie au registre de l’AMF : DigiFinex, qui a signé son engagement le 24 mars 2023 et dont la demande est toujours en cours d’analyse.
Quelles plateformes sont inscrites au Québec ?
Au 5 novembre 2026, le registre de l’AMF du Québec liste comme inscrites les plateformes suivantes : Coinbase Canada, Coinsquare Capital Markets, Fidelity Clearing Canada ULC, Foris DAX (Crypto.com), Payward Canada (Kraken), NDAX Canada, Netcoins, Newton Crypto, Shakepay et Wealthsimple Investments.
Cette liste est donnée à titre d’information, pas de recommandation, et elle évolue : vérifiez-la toujours le jour où vous ouvrez un compte. Pour les autres provinces, la liste nationale des ACVM « Plateformes de cryptoactifs autorisées à faire affaire avec les Canadiens » fait foi.
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Comment vérifier une plateforme crypto au Canada
| Outil | Où | À quoi il sert |
|---|---|---|
| Registre des plateformes de négociation de cryptoactifs | lautorite.qc.ca → Registres | Plateformes inscrites au Québec et engagements préalables |
| Registre des entreprises et des individus autorisés à exercer | lautorite.qc.ca → Registres | Statut d’une entreprise ou d’un représentant au Québec |
| Liste des plateformes autorisées | autorites-valeurs-mobilieres.ca | Plateformes autorisées à servir les Canadiens, par province |
| Recherche nationale d’inscription | ACVM, « Sont-ils inscrits ? » | Statut d’inscription dans toutes les provinces |
| Mises en garde de l’AMF | lautorite.qc.ca → Salle de presse → Mises en garde | Entités à risque élevé, souvent non inscrites |
Trois réflexes :
- Comparez la dénomination légale, pas seulement la marque. Coinbase, Kraken ou Crypto.com opèrent au Canada via des entités canadiennes précises.
- Vérifiez la catégorie d’inscription : courtier en placement membre de l’OCRI ou courtier d’exercice restreint.
- Méfiez-vous des clones : un site qui imite une plateforme inscrite avec une adresse légèrement différente n’est pas couvert par son inscription.
Diversifiez votre patrimoineInvestissez dans l’artDes tableaux originaux, pièces uniques signées par l’artiste. Un actif tangible, loin des écrans et des cotations.Voir les tableaux →Les mises en garde crypto de l’AMF du Québec
L’AMF publie dans sa salle de presse une liste de mises en garde visant des entités dont les activités comportent un risque élevé. Elle précise que cette liste n’est pas exhaustive. Les fiches portant sur les cryptos sont marquées « Cryptoactifs » et indiquent généralement que l’entité n’est pas inscrite auprès de l’AMF.
Quelques mises en garde récentes de l’AMF :
- Bydfiaz (30 octobre 2026) ;
- MiningE Digital Mining Ltd. (30 octobre 2026, cryptoactifs et forex) ;
- AscendEX, aussi connue sous le nom BitMax (16 octobre 2026) ;
- Neurolanche et Coelc (6 octobre 2026) ;
- Pump.fun (25 septembre 2026).
Les plateformes interdites au Canada
Les ACVM tiennent aussi une liste des plateformes visées par des décisions d’interdiction. On y trouve notamment :
- KuCoin : décision de la CVMO du 21 juin 2022, avec interdiction permanente en Ontario et une pénalité administrative de 2 millions de dollars canadiens ;
- Poloniex : décision de la CVMO du 27 octobre 2022 ;
- XT.COM : décision du Tribunal administratif des marchés financiers (TMF) du Québec du 20 septembre 2023, obtenue par l’AMF ;
- CoinEx : décision du TMF du 14 novembre 2023, également à la demande de l’AMF.
Stablecoins et limites d’achat : deux règles canadiennes à connaître
Les cryptoactifs arrimés à une valeur
Les ACVM appellent les stablecoins des « cryptoactifs arrimés à une valeur ». Depuis l’avis 21-333 du 5 octobre 2023, une plateforme ne peut proposer un stablecoin adossé à une monnaie fiduciaire que si son émetteur respecte des conditions : réserve détenue chez un dépositaire qualifié, publication d’informations. Les stablecoins qui ne respectaient pas ces conditions ont dû être retirés, au plus tard le 31 décembre 2024 pour ceux adossés à une monnaie fiduciaire. Les ACVM rappellent qu’un stablecoin n’offre pas les protections d’un dépôt réglementé.
Les limites de placement
Les décisions accordées aux plateformes prévoient souvent une limite annuelle pour les investisseurs particuliers. Dans la décision de la CVMO concernant Wealthsimple (18 décembre 2023), par exemple, un client qui n’est pas « investisseur admissible en cryptoactifs » ne peut pas dépasser 30 000 $ de coût d’acquisition net sur 12 mois, hors bitcoin, ether, bitcoin cash, litecoin et stablecoins conformes. La limite passe à 100 000 $ pour un investisseur admissible et disparaît pour un investisseur qualifié.
Point important pour les Québécois : dans cette même décision, la limite ne s’applique pas aux clients résidant en Alberta, en Colombie-Britannique, au Manitoba et au Québec. Les conditions varient selon les plateformes : renseignez-vous auprès de la vôtre.
Vos cryptos sont-elles protégées ?
- Protection des dépôts : l’AMF du Québec indique sur son registre que les transactions sur cryptoactifs ne sont pas couvertes par la Protection des dépôts.
- FCPE (CIPF) : le Fonds canadien de protection des épargnants couvre les titres et les espèces détenus chez un membre de l’OCRI en cas d’insolvabilité, mais exclut expressément les cryptoactifs.
- Fonds d’indemnisation des services financiers (Québec) : il indemnise les victimes d’une fraude commise par un intermédiaire autorisé par l’AMF, jusqu’à 200 000 $ par réclamation, mais jamais les pertes de valeur des placements. Les catégories « courtage d’exercice restreint » et « courtage en placement » y sont couvertes depuis le 4 juin 2026. Avant de compter sur ce fonds pour des cryptos, vérifiez auprès de l’AMF si votre situation est admissible.
Dans tous les cas, une plateforme non inscrite ne vous offre aucune de ces protections.
Arnaque crypto : les signaux d’alerte au Canada
Les escroqueries observées au Canada reprennent des schémas connus en Europe : faux robots de trading promus avec des célébrités (lisez notre analyse du robot Bitcoin Evolution), rendements garantis, « gestionnaires de compte » insistants, retrait bloqué jusqu’au paiement de frais. S’y ajoutent des arguments locaux :
- « Nous sommes enregistrés au Canada » : une inscription comme entreprise de services monétaires ou une simple société constituée au Canada ne remplace pas l’inscription auprès des autorités en valeurs mobilières ;
- « Nous avons signé un engagement avec l’AMF » : un engagement préalable n’est pas une inscription, et les ACVM n’en acceptent plus de nouveaux ;
- les offres de levier sur les cryptos : depuis décembre 2022, la marge et l’effet de levier sont interdits pour les plateformes qui ont signé un engagement.
Victime d’une fraude crypto : les démarches au Québec et au Canada
- Cessez tout paiement et ne communiquez jamais votre phrase de récupération.
- Conservez les preuves : site, courriels, adresses de portefeuilles, transactions.
- Contactez l’AMF : 418 525-0337 (Québec), 514 395-0337 (Montréal) ou 1 877 525-0337 (sans frais), du lundi au vendredi.
- Signalez la fraude au Centre antifraude du Canada : 1 888 495-8501, ou en ligne sur signalercyberetfraude.canada.ca.
- Portez plainte auprès de votre service de police.
Aucune autorité ne peut garantir le remboursement des sommes perdues. Méfiez-vous des sociétés qui promettent de récupérer vos cryptos contre une avance de frais.
Pour comparer avec l’Europe, lisez nos guides sur la liste PSAN AMF et le statut PSCA en France, la crypto en Belgique avec la FSMA et la crypto en Suisse avec la FINMA.
Avertissement sur les risques : les cryptoactifs sont très volatils et risqués. L’inscription d’une plateforme encadre le prestataire, pas la valeur des actifs : vous pouvez perdre tout votre placement. Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en placement.
FAQ : crypto au Canada et AMF du Québec
Est-ce que la crypto est légale au Canada ?
Oui. Acheter et détenir des cryptoactifs est légal. Les plateformes qui offrent ces services aux Canadiens doivent toutefois être inscrites auprès des autorités en valeurs mobilières, ou avoir été autorisées par elles.
Quelle plateforme crypto est autorisée au Québec ?
Celles qui figurent au registre des plateformes de négociation de cryptoactifs de l’AMF comme inscrites. Au 5 novembre 2026, il y en a dix. Vérifiez le registre le jour même, car il évolue.
Quel est le rôle de l’AMF au Québec ?
L’AMF encadre le secteur financier québécois : valeurs mobilières, assurances, institutions de dépôt et distribution de produits financiers. Pour la crypto, elle inscrit les plateformes, publie des mises en garde et peut demander des ordonnances au Tribunal administratif des marchés financiers.
Comment obtenir un permis crypto au Canada ?
Une plateforme doit s’inscrire comme courtier auprès des autorités provinciales et, selon les attentes des ACVM depuis août 2024, comme courtier en placement membre de l’OCRI. Les nouvelles demandes passent désormais directement par l’OCRI.
L’AMF du Québec et l’AMF française, c’est la même chose ?
Non. Ce sont deux autorités distinctes qui portent le même nom. L’AMF française n’a aucune compétence au Canada, et inversement.
Mes cryptos sont-elles protégées si la plateforme fait faillite ?
Ni la Protection des dépôts ni le FCPE (CIPF) ne couvrent les cryptoactifs. Une plateforme inscrite doit confier les actifs de ses clients à un dépositaire et les séparer des siens, ce qui réduit le risque sans le supprimer.